Ni Sarko, ni Ségo...

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lundi 10 octobre 2011

Anti-sarkozysme primaires

Non, mon orthographe ne s'est pas brutalement dégradée. Quelques notes débridées sur le premier tour des primaires socialistes, exercice révélateur de l'exaspération profonde à l'encontre du mégalo court sur pattes.


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dimanche 2 octobre 2011

Opération Borloo achevée - ou presque

Borloo pas candidat ? Une évidence, que l'on pouvait prévoir, un non-pacte avec Sarkozy, et finalement une bonne nouvelle.

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mercredi 21 septembre 2011

Les mots du libéralisme : rassurer les marchés

Rassurer les marchés: expression très en vogue en 2010-2011, promis à un avenir radieux. Horizon ultime de toute politique économique. La Bourse (avec ses majuscules, La Bourse, comme pour Dieu) baisse, il faut "rassurer les marchés". Des mesures sont prises, bien évidemment dans le sens d'un appauvrissement à la fois du secteur public et des particuliers, alors, miracle, La Bourse remonte. Mais la seconde d'après, nouveau caprice, "les conditions de la confiance et de la croissance ne sont pas réunies", entend-on. Re-plouf de sa seigneurie La Bourse. Donc re-mesure d'austérité, qui ne peut que créer de la pauvreté, donc pas de croissance. Le serpent se mord la queue, et le château de cartes s'effondre peu à peu sous la pression de capitalistes trop gourmands, qui veulent tester dans un jeu pervers la capacité qu'ils ont à diriger la politique des États.

L'expression témoigne d'un mécanisme linguistique fort intéressant, avec deux termes aussi fumeux l'un que l'autre. Rassurer : mais pourquoi faudrait-il "rassurer" les marchés ? Sont-ils comme l'enfant qui a peur du loup ? Besoin d'un petit câlin ? De tendresse ? D'être réconforté ? Les marchés sont plutôt supposés faire preuve de la logique la plus froide et la plus implacable, celle des chiffres, celle de la main invisible qui régule tout, celle du caractère naturel et auto-régulateur du libéralisme. Ces mythes seraient-ils terminés, dépassés ? Finie, la toute-puissance de la finance ? Elle a besoin d'être "rassurée" ? On a beau chercher, les exemples d'investisseurs qui ont fait faillite, ou qui ont tout perdu sont des plus rares actuellement. Les investisseurs s'en sortent toujours, mais pas les particuliers ou les PME. Eux peuvent tout paumer, eux peuvent réellement se retrouver dans la mouise... Eux auraient besoin d'être rassurés.

Second terme plus qu'ambigu, "les marchés". C'est au moins une double figure de style : métonymie et personnification. Admirable vision des marchés en tant qu'entité unique, humanoïde, dotée de sentiments, capable de se déterminer. De se déterminer, mais avant toute chose de déterminer les mesures qui seraient à même de redresser la situation. On a ainsi constitué, à partir d'une multitude de financiers qui tirent chacun pour soi, un organe politique à part entière, puisqu'à chaque fois qu'il s'agit de "rassurer les marchés", c'est immanquablement de programme politique qu'il s'agit. Moins d'éducation, moins de charges, moins d'impôts, moins de services publics, des retraites plus tardives et plus petites, etc, etc. On peut voir dans "les marchés" une appellation new-look de la lutte des classes, où la classe des financiers et des grands patrons dirait merde à toutes les autres.

"Rassurer les marchés" est une invocation, un mantra. Toujours plus pour la finance, toujours plus, sinon le système s'effondrera. Mais en faisant les quatre volontés de la finance, dans une crise du système, on ne fait qu'accélérer l'effondrement. Jusqu'ici, tout va bien.

Synonymes : capituler, baisser son froc, faire preuve de faiblesse, se laisser berner, ne pas voir plus loin que son nez, filer droit dans le mur, appliquer aveuglement la doctrine libérale.

lundi 9 mai 2011

Agitation, révélation

8 mai 2011. Commémoration de l'armistice 1945. Notre petit président commence son discours, quand un élu communiste de Lanester se lève et crie : "votre politique est une insulte aux valeurs de la résistance. C'est la mort de la liberté, de l'égalité et de la fraternité".

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dimanche 24 avril 2011

La connerie se peint aussi en vert

Jusqu'il y a peu, je tenais pour acquis que dans le paysage politique français, une seule formation était satisfaisante : les Verts. Plus ouverte, plus démocratique, plus intelligente que les autres. Sûrement elle était capable de ne pas reproduire les mêmes faillites dont les partis nous ont gratifié depuis 50 ans, droite et gauche confondus. Eh bien non, raté. Dans la course à la connerie, les Verts sont sur le point de prendre un certain temps d'avance.

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samedi 19 février 2011

Les mots du libéralisme : grogne

Grogne : désigne toute protestation contre l'ordre établi, que ce soit dans le secteur privé ou le secteur public. On appréciera particulièrement la finesse du vocabulaire et toute la manipulation que ce terme transporte. La grogne est forcément indéfinie, floue, mal exprimée, on imagine tout de suite les quelques mots incompréhensibles que l'on murmure entre ses dents, et qui sont plus un signe de mauvaise humeur qu'autre chose. C'est exactement cela : pas une véritable opposition, de la mauvaise humeur, quelque chose de non constructif, de passager, qui tient de la mauvaise volonté.

Dans le règne animal, c'est le cochon qui grogne. Ce n'est pas un hasard.

L'usage de ce terme fortement connoté est généralisé dans les médias dominants, c'est LA formule consacrée pour toute protestation. Or neuf fois sur dix, les mouvements relatés (figés dans l'expression rituelle "mouvement de grogne", qui achève de discréditer les grognards) ne sont pas flous et superficiels. Ce sont des oppositions manifestes, des résistances, des grèves, des contestations, des revendications - la langue française n'est pas à cours d'équivalents plus riches et plus descriptifs. En février 2010, la fronde de tout le pouvoir judiciaire contre une énième attaque du président Sarkozy, qui considérait le pouvoir judiciaire responsable de l'assassinat d'une jeune femme par un violeur récidiviste, était un mouvement rare (donc pas le fait de râleurs impénitents), porté par des individus sur-diplômés, au discours précis, étayé, factuel. Tout sauf de la grogne...

lundi 22 novembre 2010

Le remaniement qui n'en était pas un

Ainsi depuis le 14 novembre 2010 le nouveau Premier Ministre de la France, ô surprise, est François Fillon. Et ô surprise, les changements dans le gouvernement ne sont que très minoritaires. Alors pourquoi une telle comédie ? Une semaine après le remaniement, il est temps d'y revenir à tête reposée.

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