La connerie se peint aussi en vert
Par L'anti-effet Barnum le dimanche 24 avril 2011, 23:10 - Lien permanent
Jusqu'il y a peu, je tenais pour acquis que dans le paysage politique français,
une seule formation était satisfaisante : les Verts. Plus ouverte, plus
démocratique, plus intelligente que les autres. Sûrement elle était capable de
ne pas reproduire les mêmes faillites dont les partis nous ont gratifié depuis
50 ans, droite et gauche confondus. Eh bien non, raté. Dans la course à la
connerie, les Verts sont sur le point de prendre un certain temps d'avance.
Car le 13 avril 2011, le sieur Hulot s'est déclaré candidat pour la
présidentielle 2012. Même pas pour les primaires EELV (c'est comme ça qu'on
appelle les Verts quand on en est - Europe Écologie Les Verts), ce qui laisse
augurer du peu d'estime gratifiée par le monsieur à la démocratie interne du
parti. Mélenchon a fait pareil avant lui... mais ce n'est qu'un détail.
L'essentiel réside dans sa candidature en elle-même. Quel est l'objectif des Verts, et de Hulot (mais si c'était Joly, ce serait la même chose) ? Gouverner ? Certainement pas. C'est "faire entendre les idées de l'écologie". Autrement dit, faire un bon score.
Et c'est une horreur. Un peu de distance, bordel ! Premier problème, pour gouverner, il faut un minimum de vécu en politique. Pas des plombes comme les pros de la politique, non, juste être au fait du fonctionnement de la République, et si possible montrer qu'on a les capacités pour y faire face (par une expérience réussie au niveau local, ou l'exercice de responsabilités comparables). Hulot n'a rien. Pas même le plus petit mandat, et un parcours professionnel qui, à la différence de Joly, a tellement peu en commun avec son peut-être futur job que c'en est risible. Tout écolo que je sois, jamais je ne voterai pour lui, parce qu'on élit quelqu'un qui va diriger le pays. Les baudruches médiatiques pleines de vide, niet. Joli signe de l'emprise de plus en plus totale qu'ont les médias sur la politique... maintenant un pur produit télévisuel sans aucun rapport avec la République pourrait prétendre devenir l'élu du peuple ?
Second problème, de taille celui-ci, quel est l'enjeu de cette présidentielle ? Se débarrasser de Sarkozy et de sa clique, qui ont mis le pays à sac pendant 5 ans. 9 ans de droite, c'est bien assez. Un coup d'œil sur la conjoncture politique : au second tour, contre Sarkozy, cela devrait passer sans trop de problème. Encore plus simple si c'est face à Le Pen. Donc ? Donc il faut être au second tour. Tous les efforts de la gauche, qui n'a semble-t-il pas retenu la leçon, devraient porter sur cet objectif. Battre Sarko, donc être au second tour. Il y a un moyen d'être sûr d'y arriver, et un seul : la candidature unique. Après, on peut s'écharper tant qu'on veut sur le programme et sur le candidat, mais l'heure n'est pas à la déconnade, et surtout pas aux ergotages et aux crises d'égo. On s'en fout que les Verts fassent 5, 10 ou 15%. Si Sarko passe, quel intérêt y aurait-il à venir se vanter de sa puissance électorale ? Oui, une alliance avec le PS serait douloureuse et insatisfaisante, mais l'heure n'est pas au parfait ou même au meilleur projet. Elle est à tout faire pour éviter d'en reprendre pour 5 ans de malheur. Un genre d'union nationale, qui pourrait aller du centre à la vraie gauche.
Que tout cela puisse arriver à cause de ce petit égoïsme politique et de ce carriérisme minable, me désole de la politique. Les Verts étaient les derniers à être capables de telles déviances. Raté, une fois de plus j'ai été naïf (je le suis à chaque fois moins). Bref, Hulot candidat des Verts en 2012, quelle catastrophe... sauf pour Sarkozy.
Un appel commence à faire parler de lui : l'appel du 21 avril. Attendons de voir qui se cache derrière, mais dans l'idée, voilà une initiative dont ferait bien de s'inspirer Nicolas Hulot (et on va savoir dans quelques jours ce qu'il en dit). Mais j'ai l'intuition que dans un an la situation - surtout économique ! - n'aura plus rien à voir avec aujourd'hui, et que cet appel prendra tout son sens.
Présentateur, avec un P comme Président ?
L'essentiel réside dans sa candidature en elle-même. Quel est l'objectif des Verts, et de Hulot (mais si c'était Joly, ce serait la même chose) ? Gouverner ? Certainement pas. C'est "faire entendre les idées de l'écologie". Autrement dit, faire un bon score.
Et c'est une horreur. Un peu de distance, bordel ! Premier problème, pour gouverner, il faut un minimum de vécu en politique. Pas des plombes comme les pros de la politique, non, juste être au fait du fonctionnement de la République, et si possible montrer qu'on a les capacités pour y faire face (par une expérience réussie au niveau local, ou l'exercice de responsabilités comparables). Hulot n'a rien. Pas même le plus petit mandat, et un parcours professionnel qui, à la différence de Joly, a tellement peu en commun avec son peut-être futur job que c'en est risible. Tout écolo que je sois, jamais je ne voterai pour lui, parce qu'on élit quelqu'un qui va diriger le pays. Les baudruches médiatiques pleines de vide, niet. Joli signe de l'emprise de plus en plus totale qu'ont les médias sur la politique... maintenant un pur produit télévisuel sans aucun rapport avec la République pourrait prétendre devenir l'élu du peuple ?
Le monde vu de ma petite fenêtre
Second problème, de taille celui-ci, quel est l'enjeu de cette présidentielle ? Se débarrasser de Sarkozy et de sa clique, qui ont mis le pays à sac pendant 5 ans. 9 ans de droite, c'est bien assez. Un coup d'œil sur la conjoncture politique : au second tour, contre Sarkozy, cela devrait passer sans trop de problème. Encore plus simple si c'est face à Le Pen. Donc ? Donc il faut être au second tour. Tous les efforts de la gauche, qui n'a semble-t-il pas retenu la leçon, devraient porter sur cet objectif. Battre Sarko, donc être au second tour. Il y a un moyen d'être sûr d'y arriver, et un seul : la candidature unique. Après, on peut s'écharper tant qu'on veut sur le programme et sur le candidat, mais l'heure n'est pas à la déconnade, et surtout pas aux ergotages et aux crises d'égo. On s'en fout que les Verts fassent 5, 10 ou 15%. Si Sarko passe, quel intérêt y aurait-il à venir se vanter de sa puissance électorale ? Oui, une alliance avec le PS serait douloureuse et insatisfaisante, mais l'heure n'est pas au parfait ou même au meilleur projet. Elle est à tout faire pour éviter d'en reprendre pour 5 ans de malheur. Un genre d'union nationale, qui pourrait aller du centre à la vraie gauche.
Que tout cela puisse arriver à cause de ce petit égoïsme politique et de ce carriérisme minable, me désole de la politique. Les Verts étaient les derniers à être capables de telles déviances. Raté, une fois de plus j'ai été naïf (je le suis à chaque fois moins). Bref, Hulot candidat des Verts en 2012, quelle catastrophe... sauf pour Sarkozy.
Une issue ?
Un appel commence à faire parler de lui : l'appel du 21 avril. Attendons de voir qui se cache derrière, mais dans l'idée, voilà une initiative dont ferait bien de s'inspirer Nicolas Hulot (et on va savoir dans quelques jours ce qu'il en dit). Mais j'ai l'intuition que dans un an la situation - surtout économique ! - n'aura plus rien à voir avec aujourd'hui, et que cet appel prendra tout son sens.