- Je suis allé voter dimanche. Pour qui ? Arnaud Montebourg. Pourquoi ? J'avais deux possibilités : lui ou Aubry, les deux seuls pour qui j'ai un soupçon d'estime. Montebourg, le seul à avoir des idées un tant soit peu de gauche. Aubry, la seule candidate de premier plan... qui ne soit ni Royal ni Hollande. Heureux de voir que mon attachement à la gauche, celle qui refuse le libéralisme, le TINA (there is no alternative), est partagé par beaucoup.

- J'irai voter dimanche. Pour qui ? TSH. Tout sauf Hollande. Hollande qui pour le pouvoir a bien voulu adopter les idées et l'image qui lui garantiraient le soutien des médias dominants, les vrais faiseurs de rois. Hollande, la triple victoire de la droite. Peut-être la victoire électorale, Hollande étant bien plus friable et attaquable qu'Aubry, pour refaire le coup de 2007 (un candidat illégitime monté de toutes pièces, pour une victoire facile). La victoire des idées, celle de la social-démocratie, aka la droite de la gauche, celle qui ne fera aucun changement fondamental par rapport à la politique sarkozyenne. Enfin, la victoire postérieure, Hollande au pouvoir dans les circonstances actuelles, c'est l'échec assuré - et un rapide retour de la droite aux affaires. Alors, sans illusions mais avec optimisme, votons Aubry (en voilà du slogan). D'ailleurs, plusieurs personnes de mon entourage n'ont pas voté dimanche dernier, et le feront dimanche prochain, avec la même réflexion que moi. Je mets donc une petite pièce sur la dame.

- Le vote en lui-même était assez réjouissant. Un poil d'organisation sérieuse, un poil d'improvisation bordélique à la française, et surtout un enthousiasme qui faisait plaisir à voir. Ce qui m'a marqué, c'est ce souffle de la démocratie qui reste vivant. Une demi-heure d'attente en plein midi dans une petite ville de la campagne française, beaucoup qui attendaient dehors sous la pluie, dans la bonne humeur et le dialogue.

- Le fichage des supposés partisans du PS n'est pas une menace crédible (l'organisation n'y est absolument pas propice), et beaucoup disaient : "on s'en fout que l'on sache que l'on vote à gauche, on l'assume".

- Un message était unanime : on en a marre de Sarkozy, il faut que cela change.

- J'ai encore une fois regretté le système qui veut que l'on élise des hommes et pas des idées. Beaucoup disaient "je vais voter Hollande, il est bien" (remplacez Hollande par qui vous voulez). Zéro réflexion politique, zéro fond. Débat faussé.

- La typologie d'électeurs : plutôt au-dessus de 60 ans, classe moyenne. Et ce n'est pas une bonne nouvelle.

- Quel plaisir d'être abordé, à la sortie du lieu de vote, par un militant qui a passé 5 minutes à me vanter les mérites de la candidature de... Jacques Cheminade. Grand moment pathétique et comique.

- Conclusion qui signe peut-être la fin de ce blog : Royal, c'est terminé. Bon débarras ! Preuve que 2007 a laissé des traces, et que les phénomènes médiatiques, pour être vivaces, sont des feux bien superficiels qui ne brûlent que l'espace d'un moment (cela m'en rappelle d'autres). Mais perdre Royal pour récolter Hollande, est-ce si différent ? La politique est la même, l'utilisation des médias est la même, seul le style diffère quelque peu.

- Depuis les résultats, j'en ai les cheveux encore ébouriffés. Grand coup de vent, les girouettes médiatiques changent leur discours au gré des résultats. D'un coup d'un seul, la propagande pro-Hollande n'est plus aussi fringante, les idées portées par Montebourg deviennent légitimes alors qu'elles étaient diabolisées juste avant. C'est l'illustration parfaite du rôle moteur des médias dominants. Rien que pour cela, ces primaires me plaisent.